L’association Recherches & Solidarités vient de dévoiler la 24 édition de sa publication « La France associative en mouvement ». On y apprend notamment qu’en 2025, la France comptait entre 1,55 et 1,65 million d’associations actives, dont près de 90 % ne fonctionnaient qu’avec des bénévoles.
Une année record pour les créations d’associations
Plus de 83 400 associations ont été créées entre le 1er juillet 2025 et le 30 juin 2026.
La crise sanitaire liée à l’épidémie de Covid-19, marquée par de nombreuses semaines de confinement à compter de mars 2020, avait entraîné une très forte diminution du nombre de créations d’associations. Ainsi, alors que depuis 2014, plus de 71 000 associations voyaient le jour chaque année, seulement 65 014 associations avaient été créées entre le 1er juillet 2019 et le 30 juin 2020, et 65 268 entre le 1er juillet 2020 et le 30 juin 2021.
À compter du second semestre 2021, le nombre d’associations créées était reparti doucement à la hausse, avec 66 487 nouvelles structures sur la période 2021-2022. Un élan qui s’était confirmé avec 71 128 créations sur la période 2022-2023 et 73 120 sur la période 2023-2024 pour atteindre, sur la période 2024-2025, un niveau jamais égalé depuis 2015, de 74 330 nouvelles associations.
Enfin, cette dernière année marque un record inédit de créations d’associations avec 83 430 nouvelles structures qui sont apparues entre le 1er juillet 2025 et le 30 juin 2026.
À noter : côté secteurs, sur les 3 dernières années un quart des nouvelles associations ont été créées dans les domaines de la culture et de la pratique d’activités artistiques et culturelles (25,5 % des créations). Suivent les associations proposant des activités sportives et de plein air (16,9 %), les clubs de loisirs (8,6 %), les associations d’entraide (8,2 %) et les associations œuvrant pour l’éducation et la formation (5,4 %).
Un léger recul de l’emploi
En 2025, le secteur associatif employait 1,925 million de salariés dans 153 270 établissements.
Après une diminution en 2020 lors de la crise sanitaire due à l’épidémie de Covid-19, le nombre d’associations employeuses, ainsi que leurs effectifs salariés étaient repartis à la hausse à compter de 2021. Après une légère baisse en 2024 (-0,3 %), le nombre d’établissements employeurs a légèrement progressé l’année dernière (+0,2 %), pour atteindre 153 270 structures. Quant à leurs effectifs, qui avaient augmenté de 1 % en 2024, ils ont faiblement reculé (-0,2 %) en 2025 pour s’établir à 1 925 720 salariés.
Précision : sachant que 38 % des salariés des associations travaillent à temps partiel, le nombre d’équivalents temps plein est estimé entre 1 560 000 et 1 580 000.
Près d’un dixième des salariés
En 2025, les associations faisaient travailler 9 % des salariés de l’ensemble du secteur privé, soit presque autant que le secteur du commerce de détail (9,3 %) et plus que les secteurs de la construction (7,8 %) ou des transports (7,4 %).
Le secteur associatif disposait d’un quasi-monopole dans plusieurs secteurs qui sont peu investis par le secteur lucratif :
– l’hébergement social pour toxicomanes (91,7 % des effectifs du secteur privé) ;
– l’hébergement social pour adultes et familles en difficulté (90,9 %) ;
– l’hébergement social pour personnes handicapées physiques (89,9 %) ;
– l’accueil et l’accompagnement d’enfants handicapés (89,6 %) ;
– l’accueil et l’accompagnement d’enfants et d’adolescents (89,6 %) ;
– l’aide par le travail (89,5 %).
Dans les autres activités, les salariés des associations comptaient, en 2025, pour 66 % des effectifs du secteur privé dans le sport et 53 % dans l’enseignement.
À noter : la part des salariés associatifs dans le secteur de l’accueil des jeunes enfants connaît, depuis plusieurs années, un recul important au profit des entreprises commerciales (de 46 % en 2018 à 33,8 % en 2025). Il en est de même pour l’aide à domicile (de 63 % en 2018 à 51,1 % en 2025).
Enfin, la majorité des employeurs associatifs relevaient du domaine sportif, avec 27 250 établissements (17,78 % des établissements). Venaient ensuite l’action sociale sans hébergement (22 340 établissements, soit 14,57 %), les activités culturelles (20 520 établissements, soit 13,39 %), l’enseignement (17 310 établissements, soit 11,3 %) et l’hébergement médico-social (10 450 établissements, soit 6,82 %).
À noter : le secteur sanitaire et social représentait près de 25 % des établissements employeurs mais plus de la moitié (56,8 %) des effectifs salariés associatifs avec l’action sociale sans hébergement (29,4 % des salariés associatifs), l’hébergement médico-social (19,6 %) et les activités humaines pour la santé (7,8 %).
Une majorité de petites associations
L’année dernière, presque les deux tiers (63 %) des établissements associatifs occupaient jusqu’à 5 salariés (48 % moins de 3 et 15 % entre 3 et 5). Un peu moins du tiers (31 %) des établissements employait entre 6 et 49 salariés (9 % de 6 à 9 salariés, 12 % de 10 à 19 et 10 % de 20 à 49).
Et ils n’étaient plus que 4 % à compter entre 50 et 99 salariés, soit environ 6 130 établissements, et 2 % à employer au moins 100 salariés, soit environ 3 065 établissements. Ces « grosses » associations étant surtout présentes dans le secteur sanitaire et social.
À savoir : les établissements comptant au moins 50 salariés représentaient 6 % des employeurs, mais 46 % des salariés et 47 % de la masse salariale.
Environ 12 salariés par établissement
L’année dernière, les établissements associatifs employaient, en moyenne, 12,6 salariés.
Ce nombre variait toutefois énormément selon l’activité de l’association. Ainsi, on comptait 36,1 salariés par établissement pour l’hébergement médico-social, 30,4 pour les activités humaines pour la santé, 25,3 pour les activités liées à l’emploi, 25,4 pour l’action sociale sans hébergement et 13,4 pour l’enseignement. Un chiffre qui tombait à seulement 3,8 salariés par établissement dans les associations sportives et à 2,5 dans celles ayant une activité culturelle.
Une masse salariale de 51 Md€
En 2025, la masse salariale des associations employeuses a continué à progresser pour s’établir à 51,39 Md€. Un montant en hausse de 1,6 % par rapport à 2024.
Pour l’ensemble du secteur associatif, le salaire annuel moyen s’établissait à 26 690 €. Les rémunérations les plus élevées étaient versées par les organisations patronales et consulaires (46 220 €), suivies des associations œuvrant dans la recherche et le développement scientifique (43 250 €), des organisations politiques (41 550 €) et des associations œuvrant dans les activités humaines liées à la santé (40 530 €). Les salaires les moins importants se retrouvaient dans l’action sociale sans hébergement (22 220 €), dans les activités liées à l’emploi (20 200 €), dans les associations sportives (17 990 €), dans l’agriculture, l’élevage, la chasse et la pêche (17 900 €) et dans les associations récréatives et de loisirs (17 660 €).
L’essor de l’apprentissage
En 2025, les associations employaient 52 990 apprentis. Un nombre en très léger recul (-0,6 %) après le record marqué en 2024 de 53 330 apprentis. Un repli qui s’explique notamment par la diminution du montant de l’aide à l’embauche accordée aux employeurs. Les associations sportives faisaient travailler 28 % des apprentis du secteur associatif, l’action sociale sans hébergement 13 % et l’hébergement médico-social 12 %.